Les ventes de pesticides se sont bien portées en 2008, avec 14 % de hausse du chiffre d’affaire (2,079 milliards d’euros) pour une augmentation des volumes de 2 % (78 600 tonnes). L’analyse des chiffres de vente des différentes familles de pesticides montre toutefois des situations très différentes. En effet, la diminution des insecticides est très nette (- 40 % en volume), tandis que les fongicides et herbicides affichent une hausse respective de leurs volumes de 6 % et 1,7 %.
Pour l’UIPP (Union des Industries de la Protection des Plantes), cette hausse globale s’explique entre autres par des raisons conjoncturelles : augmentation des surfaces de céréales, conditions climatiques favorisant les parasites (notamment le mildiou sur la vigne et la pomme de terre). A ce titre, les viticulteurs ne dérogent pas à leurs habitudes en demeurant les plus gros utilisateurs de pesticides avec 15 % des utilisations des phytosanitaires pour seulement 3,5 % des surfaces cultivées.
L’engagement gouvernemental pris l’année passée, à la suite du Grenelle de l’environnement, de réduire "si possible" de 50 % l’utilisation de pesticides d’ici à 2018 s’engage donc mal, d’autant que les prévisions actuelles mettent en avant une probable stabilité du marché pour 2009 et non une réduction. Enfin, rappelons que si ces chiffres montrent une belle réduction depuis 2000 (99 600 tonnes), les substances mises sur le marché sont de plus en plus concentrées, un point qui facilite la diminution des tonnages mais pas celle des nuisances associées…
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La présence de pesticides dans la chaîne alimentaire n’est pas une nouveauté. Le bilan de la teneur en pesticides des végétaux entrant dans l’alimentation humaine, que l’Union européenne demande à ses membres de publier chaque année, en atteste régulièrement. Néanmoins, si la contamination des aliments et de l’eau est relativement bien connue, il n’en va pas de même de celle du vin.
Les 3,5% de la superficie agricole, consacrés à la production de raisin, reçoivent environ 15% des pesticides de synthèse appliqués sur les grandes cultures. Si une grande partie des épandages se rapportent à des applications de soufre, relativement peu dangereuses au regard des produits utilisés contre l’oïdium (1), une évaluation publiée par le ministère français de l’agriculture, en 2005, montre que près d’un tiers des pesticides appliqués aux raisins sont systématiquement transférés au vin lors de sa production. Face à ce constat, il n’est pas inintéressant de se pencher sur le taux et le type de pesticides présents dans le vin.

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