La machine étatique avance inexorablement dans l’optimisation de son fonctionnement et la recherche d’économies. Cela passe par de nombreuses fusions et réorganisations, on pense notamment à Pôle Emploi. Mais d’autres services sont touchés, dont l’inspection du travail qui, aujourd’hui, ne fonctionne pas dans un climat serein.
Les fraudes, la consommation, l’emploi et la formation professionnelle se régionalisent désormais dans une même structure qui rend de plus en plus floues les frontières du qui fait quoi. La direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte) en est la conséquence. La fusion des trois corps d’inspection (travail, agriculture, transports) s’est réalisée à marche forcée mais les compétences ne sont pas encore là et les inspecteurs se retrouvent en porte à faux, chargés d’expertiser des secteurs d’activité qu’ils ne connaissent pas. Au-delà, ce sont de véritables bouleversements culturels pour des agents qui dépendaient de différents ministères et qui doivent désormais se créer un langage et des procédures en commun.
Comme bien souvent, ce sont les entreprises qui risquent d’en souffrir, victimes potentielles d’inspecteurs décalés et harassés de travail et certains y voient même la possible remise en cause du droit du travail. D’autant que les objectifs sont portés à la hausse, 300 000 contrôles sont attendus cette année. Tout ceci en maintenant le cap du non remplacement d’un agent sur deux. Une équation qu’il sera difficile de résoudre dans de bonnes conditions !

envoyer par mail