Entreprise 77

Le business de la grippe A ne connait pas la crise


L’été n’est pas synonyme de baisse d’activité pour tout le monde. Au contraire, pour les entreprises spécialisées dans les produits de protection contre la grippe A, la cadence augmente.

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Les entreprises qui produisent des masques n’arrivent pas à suivre la demande.Ce sont les entreprises, les collectivités qui font cette demande. Les particuliers sont en retard ou encore en vacances. A la rentrée, ce sera trop tard, les stocks seront à zéro et il faudra attendre le mois d’octobre pour envisager sa reconstitution.

Et pourtant, les industriels ont investi des millions pour se doter d’un nouvel outil de production, les effectifs sont multipliés par 5 ou 10.

Ainsi, à Roissy, chez Sperian protection, leader des équipements de protection individuels, a lui aussi rempli son carnet de commandes. Il a été sollicité par l’État au mois de juin pour un contrat de 25 millions d’euros de masques, dont 20 % livrables d’ici à la fin de l’année 2009. En France, Sperian va investir 5 à 6 millions d’euros pour augmenter de 60 % les capacités de production de son usine de Plaintel en Bretagne et produire 100 millions de masques supplémentaires par an. En attendant, l’entreprise mondialisée, victime de son succès, reconnaît un allongement des délais de livraison.

Les distributeurs se sont eux aussi lancé à l’assaut de ce marché explosif. A Nantes, GirodMédical, PME, d’une vingtaine de salariés, s’est lancée dans la vente de masques au moment du déclenchement de l’alerte pandémique par l’OMS en juin. Elle affirme vendre "plusieurs millions de masques chaque mois" à de très gros clients, parmi lesquels des sociétés du CAC 40, des centrales d’achat de supermarchés et des collectivités territoriales. Ses fournisseurs, qu’ils soient chinois ou français, ne suivent plus.

Ruée sur le gel hydro-alcoolique

Même constat, près de Blois chez materielmedical.fr, une PME de 10 salariés, qui ne pourra plus fournir ses clients en octobre. "Une commande passée mi-août auprès des fournisseurs n’est pas livrée avant mi-novembre", soupire-t-il. Pour réduire les délais au maximum, les expéditions de masques chinois ne se feront bientôt plus par bateaux, mais par avion. Vendredi 14 août, Manuel de Sousa a encore enregistré une commande de 220.000 unités d’une grande institution française du secteur parapublic. Pour livrer à temps, il a recours à des intérimaires. "Tout le monde s’attend à devoir travailler le samedi et le dimanche fin septembre" pour traiter les envois, prévoit-il.

Comme les autres distributeurs en ligne, Manuel de Sousa profite également de l’explosion des ventes de gel hydro-alcooliques (2). En août, elles ont déjà été multipliées par trois par rapport à juillet. Depuis avril, elles ne cessent de progresser. À tel point que le principal fournisseur français, Anios, dont la production mensuelle est passée de 150 à 500 tonnes depuis deux mois, fournit difficilement, assure Manuel de Sousa. Selon lui, le commerce de gel hydro-alcoolique est encore plus intéressant que celui des masques. Une fois l’alerte grippe A passée, l’habitude de consommation restera. "C’est un business pérenne", assure-t-il. En se frottant les mains !!!

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jeudi 20 août 2009