Le 31 décembre 1998, 11 ministres européens se sont réunis dans un ECOFIN qualifié d’historique pour lancer la monnaie européenne en dévoilant le taux de conversion de leur monnaie en euro.
Pour la France, le cour était fixé à :
1.00 EUR = 6.55957 FRF
Jusqu’au 1er janvier 2002, les billets et les pièces de chaque nation allaient continuer de circuler pour des raisons pratiques.
Le 1er janvier 2009 sera peu célébré par les gouvernements de la zone euro, pour des raisons de crise financière et de crise économique.
Pour commémorer le 10e anniversaire de la monnaie européenne, les 16 membres du club - dont la Slovaquie qui y entrera ce 1er janvier 2009 - émettront une pièce de 2 euros. Cette pièce sera sans aucun symbole national, hormis le nom du pays (à l’exception du Luxembourg, dont la Constitution exige que le portrait du grand-duc figure sur toutes ses pièces).
La Commission européenne a préparé pour ce dixième anniversaire, une présentation où, l’Euroland est défini comme un havre de stabilité des prix (2,1 % en moyenne depuis dix ans) et un gage d’argent bon marché (« diminution des taux d’intérêt à long terme jusqu’à moins de 4 %, la moitié de leur niveau des années 1990 »). Finies « les dévaluations monétaires qui traumatisaient régulièrement l’Europe ».
Les eurocrates soulignent la spectaculaire réussite de la monnaie européenne sur la scène internationale : la masse des billets en euro qui circulent en Europe et à l’étranger l’emporte maintenant sur celle des dollars émis par les États-Unis. Les Européens eux-mêmes apprécient cette montée en puissance de leur devise et de ses institutions.
Selon une enquête d’Euro-RSCG réalisée auprès d’un panel de 200 Français interrogés ces dernières semaines de crise, nos compatriotes jugent positivement tous les termes liés à l’Europe, « de gouvernement économique européen » à « BCE ». Des expressions qu’ils jugent rassurantes, au même titre que « livret A » ou « Barack Obama ».
La monnaie européenne est perçue comme « un bouclier », selon l’expression de Dominique Strauss-Kahn, qui, en tant que ministre des Finances en 1998-1999, avait ainsi vendu l’euro aux Français. C’est un argument que contestent les eurosceptiques, dont Vaclav Klaus, le président de la République tchèque, qui va présider l’Europe au premier semestre 2009. Non content de qualifier de « léthargique sa croissance économique » (2,1 % l’an depuis 1999 contre 2,7 % aux États-Unis), il considère « que durant ses dix premières années la zone euro n’a pas dû surmonter de crise sérieuse de nature à tester sa monnaie ». Or, selon Vaclav Klaus, « un tel test se dessine », comme il le prophétisait en juin dernier, lors du 10e anniversaire de la création de la BCE.
Pour ce début 2009, les test à l’échelle un sont bien présents avec l’immobilier espagnol en déconfiture, la perte de compétitivité de l’industrie italienne, les déficits publiques abyssaux de la France, la concurrence de la livre anglaise pour l’Irlande...
Joyeux anniversaire l’euro !!!...

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Et pourtant :
Plus de 25% des français pensent encore en FRANCS pour leurs achats quotidiens.
Obligé de payer en monnaie unique depuis 2002, les français semblaient avoir pris le pli de l’euro. Sauf qu’en cette fin 2008, ils sont tous victimes d’une rechute.
La table de multiplication par 7 étant des plus difficile, ils s’étaient convertis à l’euro jusqu’à ce que le tournis les envahissent.
Aujourd’hui, le français se sent piégé par u taux de conversion non pas de 1€ pour 6.55 Frs, mais un taux de 1 pour 1.
Le kilo de pomme vaux 4.5 €, il valait 4.5 Frs.
La baguette est arrondie à 1 €.
Le petit noir est passé à 2€ pour 2 francs etc, etc ...
Fin 2006, les français qui pensaient les inconvénients de l’euro supérieurs aux avantages étaient 30 %. Un taux en constante augmentation. Alors, la Commission européenne a cessé de mesurer la dérive.
L’INSEE a pris le relais et publiait en avril 2008, une statistique illustrant que même pour des petites sommes, seuls 53% des français pensaient euro. A plus de 53 ans, un individu pense 5 fois plus euro qu’un moins de 25 ans. Il faut être diplômé de l’enseignement supérieur pour penser deux fois plus euro qu’un nom bachelier.
Plus un bien monte en prix, plus la fréquence d’un achat est rare, plus nos concitoyens pensent francs.
Le franc a la vie si dure que bon nombre de banques éditent leurs relevés de comptes avec la double présentation euro / franc. Tous les hypers affichent encore leurs prix en francs et en euro (disposition qui aurait du disparaitre officiellement le 30 juin 2003), pour essayer de persuader leurs clients de la non inflation liée à l’euro.
Les français qui avaient été si imaginatifs pour enrichir leur langue en termes choisis pour identifier leur monnaie franc, n’ont toujours pas cru bon de trouver des synonymes fleuris pour l’euro. C’est dire l’absence de liaison affective avec leur nouvelle monnaie.


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