Fin 2010, l’État contrôle plus de 1 200 sociétés en France, qui emploient 791 900 salariés.

Par rapport à 2009, le nombre de sociétés contrôlées par l’État progresse fortement de 270 unités, tandis que l’emploi dans les sociétés contrôlées par l’État augmente très légèrement (+ 0,3 %). De nombreux mouvements dans le périmètre des groupes sont à l’origine des modifications intervenues dans le paysage des sociétés publiques en 2010.

De nombreux échanges de sociétés entre secteurs privé et public marquent l’année 2010 (graphique 1). Plus d’une soixantaine de sociétés ont quitté la sphère publique du fait de ventes de filiales ou de cessations d’activité. L’ensemble de ces transferts de sociétés concerne plus de 7 000 personnes. À l’inverse, plus de 330 sociétés entrent dans le secteur public, soit environ 22 000 salariés.
L’exercice 2010 des groupes est notamment marqué par la prise de participation dans de nouvelles sociétés ou dans des sociétés déjà associées au groupe. C’est le cas de la SNCF qui, par l’intermédiaire de différentes branches, prend le contrôle du groupe Keolis et de ses filiales et du groupe Ermewa.
Le groupe EDF, via sa filiale EDF Énergies nouvelles, poursuit son développement dans le domaine des énergies renouvelables avec les parcs éoliens et l’énergie solaire photovoltaïque.
L’État a cédé au privé sa participation dans la Caisse de développement de la Corse (Cadec).
Les « sorties » du répertoire tout comme les « entrées » sont à interpréter avec prudence car elles sont parfois liées à des restructurations de groupes : par exemple, l’arrivée de la TNT dans l’outre-mer amène France Télévisions à restructurer une chaîne du groupe, Réseau France Outre-mer (RFO) en la remplaçant par le Réseau Outre-mer 1 (ROM 1).
En dehors de ces « entrées » et « sorties » dans le secteur public, 880 sociétés sont pérennes, c’est-à-dire présentes en 2009 et en 2010. Ces sociétés pérennes emploient près de 792 000 salariés fin 2010, soit environ 12 000 de moins qu’à la fin 2009 (tableau 2).

Fin 2010, parmi les 1 217 sociétés publiques, l’État ne contrôle directement que 93 société dites de premier rang, en détenant directement plus de la moitié de leur capital (tableau 3).
Sur les 93 sociétés de premier rang, 45 d’entre elles n’ont aucune filiale. Parmi les 48 autres, 13 seulement sont à la tête de groupes rassemblant chacun au moins une dizaine de sociétés. Les groupes Électricité de France (EDF) et La Poste en contrôlent plus d’une centaine chacun. La Société nationale des chemins de fer (SNCF) en contrôle près de 500.
Les effectifs des sociétés publiques restent fortement concentrés. Les dix premières sociétés en termes d’effectifs rassemblent à elles seules plus de 75 % de l’ensemble des salariés (graphique 3).
Les trois plus importantes, La Poste, la SNCF, EDF, et leurs 771 filiales, totalisent 575 300 emplois, soit plus de 72 % de l’ensemble des sociétés publiques.

La répartition par grands secteurs des sociétés publiques a peu évolué en 2010 : le secteur tertiaire concentre 80 % des effectifs de l’ensemble des sociétés publiques (graphique 4). Dans ce secteur, la présence de l’État reste forte par l’intermédiaire de grands groupes dans les transports et les activités scientifiques et techniques.

Fin 2010, les sociétés publiques du secteur des transports et de l’entreposage emploient près de 499 000 salariés. 96 % de ces salariés dépendent des groupes La Poste, la SNCF et dans une moindre mesure de la Régie autonome des transports parisiens (RATP).
Loin derrière les transports, les secteurs des activités scientifiques et techniques, des services administratifs et de soutien emploient plus de 61 700 salariés. Parmi eux, près de 50 % sont employés dans le secteur de la recherche et du développement scientifique. Plus de la moitié de ces 28 800 salariés dépendent du CEA.
Dans les secteurs des activités juridiques et comptables, de gestion, d’architecture et d’ingénierie, de contrôle et d’analyses techniques, le nombre d’emplois a progressé de 14 % entre 2009 et 2010 pour la plupart par l’intermédiaire de la SNCF et de ses filiales.
Avec plus de 24 000 emplois, le secteur de l’information et de la communication représente 3,8 % des salariés des sociétés publiques du tertiaire. Les salariés de France Télévisions représentent 60 % des salariés des secteurs de l’édition, de l’audiovisuel et de la diffusion du secteur public.
Le secteur des activités financières et d’assurance représente 3 % des emplois du tertiaire du secteur public. Plus des deux tiers des salariés de ce secteur font partie du personnel de la Banque de France et 14 % de celui du groupe La Poste, via La Banque Postale.
La part de l’industrie dans le secteur public est légèrement en baisse en 2010
Comme depuis quelques années, le secteur public reste peu présent dans l’industrie. Au total, moins de 2 salariés sur 10 des sociétés publiques travaillent dans ce secteur. Le nombre de salariés du secteur public dans l’industrie a baissé de 3,5 % entre 2009 et 2010.
Fin 2010, dans les secteurs des industries extractives, de l’énergie, de l’eau, de la gestion des déchets et de la dépollution, moins de quarante sociétés restent détenues par l’État. EDF et le CEA demeurent les deux groupes importants de ce secteur et emploient 110 000 salariés (soit près de 900 de plus qu’en 2009). En particulier, le secteur de la production et de la distribution d’électricité, de gaz, de vapeur et d’air conditionné comprenant essentiellement le groupe EDF, gagne plus de 900 emplois entre 2009 et 2010. Quant au secteur des industries extractives, les sociétés publiques y sont quasiment absentes.
Dans le secteur de la fabrication d’autres produits industriels, l’emploi a chuté de plus de 15 %. Plus d’une quarantaine de sociétés y sont présentes au travers du CEA, et à un degré moindre, de la Société nationale des poudres et explosifs (SNPE) et de Giat Industrie. L’Institut français du pétrole et l’Imprimerie nationale y contribuent pour plus de 5 % en termes d’effectifs.
L’emploi du secteur de la fabrication d’équipements électriques, électroniques, informatiques et de la fabrication de machines a chuté de près de 70 % entre 2009 et 2010. Il ne représente plus que 1,2 % du secteur de l’industrie contre 3,8 % en 2009, notamment suite à la cessation de l’activité transmission et distribution par Areva.

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