Les tendances aujourd’hui disponibles ignorent encore largement les éventuelles conséquences des chocs financiers intervenus en août et septembre 2011. Le recul manque pour déterminer précisément l’impact de cette nouvelle crise, d’autant que les messages qu’on observe aujourd’hui sont parfois contradictoires.
En termes d’activité, les évolutions connues à fin septembre confirment que 2011 est une année de reprise pour le bâtiment. Ainsi, dans le neuf, on note sur la base des données des huit premiers mois de l’année qu’en rythme annuel :
le redécollage est vif dans le logement, avec des autorisations et des mises en
chantier qui progressent respectivement de 12,3% et 20,3%, mais le tassement
de la reprise constaté depuis le mois de mars inquiète pour 2012 ;
la reprise s’avère tout aussi nette dans le non-résidentiel avec, hors bâtiments
agricoles, des surfaces de permis accordées et des surfaces mises en
chantier en hausses respectives de 12,0% et 21,0%.
En ce qui concerne l’amélioration-entretien, les données du premier semestre 2011 indiquent une hausse de 1,0% de l’activité en volume par rapport au premier semestre 2010.
En conséquence, la reprise de l’emploi attendue s’est bien manifestée. De fait, au premier semestre 2011, le gain net d’emplois s’établit à environ :
7.300 par rapport au premier semestre 2010, l’intégralité du mouvement
s’expliquant par la hausse de l’intérim, alors que les effectifs salariés ont
encore un peu reculé (2.500 personnes en moins) ;
12.100 depuis le début de l’année, grâce à la hausse simultanée de toutes les
natures de contrats.
Reste que la dynamique de la reprise montre des signes d’essoufflement depuis le printemps, ce qui n’est pas de très bon augure pour 2012. D’autant que les prix semblent à nouveau reculer depuis le mois d’août, ce qui pourrait constituer un premier indice de l’entrée en crise du secteur du bâtiment, à l’instar que ce qu’on avait observé en 2008. Ce serait d’autant plus dommageable qu’en deçà des tendances moyennes, la reprise de 2011 n’a pas concerné tous les départements et tous les métiers. La fragilité des entreprises persiste donc.
Dans ces conditions, on ne comprendrait guère que le bâtiment et l’immobilier soient en première ligne dans le nécessaire effort partagé en vue de lutter contre les déficits publics.

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