Pour l’année 2009, les projections permettent d’anticiper un recul de 6% à 7% du CA, masquant d’importantes disparités régionales et par métiers.
Plusieurs indicateurs semblent indiquer que le point bas du cycle a été atteint :
l’opinion des entrepreneurs (fin octobre) sur leurs perspectives d’activité à court terme a nettement rebondi, et fait nouveau, l’amélioration constatée concerne à la fois la clientèle des collectivités locales et celle du privée ;
les entrées de commandes se sont raffermies depuis août 2009, corroborant la remontée du nombre de lots de Travaux Publics dans les appels d’offres de marchés publics.
Dans un contexte conjoncturel difficile, les Travaux Publics sont affectés par la baisse des prix et une activité atone : les effets qui ne manqueront pas de suivre seront les difficultés de trésorerie et les tensions sur l’emploi.
Cela pèse naturellement sur la trésorerie et l’emploi. Jusqu’alors, l’emploi permanent s’est globalement maintenu, l’ajustement ayant été réalisé sur le travail intérimaire. Sur un marché très concurrentiel, manquant de visibilité, et avec des trésoreries fragilisées, la question de l’ajustement des « effectifs » au niveau d’activité est de plus en plus prégnante. Il est clair que le maintien des effectifs permanents ne pourra se réaliser sans reprise de l’activité en 2010.
La relance de l’Etat dans le domaine des infrastructures de transport (920 M€) s’avère positive avec une accélération du lancement des opérations au cours de l’été 2009. A fin septembre, les paiements effectués s’élèvent à 209 millions d’euros contre 46 millions d’euros à fin juin 2009. En outre à cette même date, 545 millions d’euros ont été engagés pour le volet infrastructures de transport, soit un taux d’engagement des opérations de 63% contre à peine 20% à fin juin 2009. Ceci laisse envisager une montée en puissance des effets de la relance sur la fin d’année 2009 et le début 2010.
Pour la seconde année consécutive, l’investissement des collectivités locales a reculé : -2,7% selon la dernière note de Dexia Crédit Local. La commande privée dans son ensemble adressée aux entreprises de Travaux Publics demeure
déprimée sur l’ensemble de l’année 2009. La chute historique du taux d’utilisation des capacités de production a stoppé net de très nombreux projets d’investissement.
Le contexte macro-économique s’annonce plus favorable pour l’année 2010. L’économie mondiale présente des signes tangibles d’amélioration. Le climat des affaires, encore à un bas niveau s’est nettement redressé dans l’ensemble des secteurs. Cependant, le manque de visibilité, les tensions sur la trésorerie, la situation financière des entreprises, et la faible utilisation des capacités de production ne permettront pas un retour de la croissance de l’investissement privé en 2010. Selon COE-Rexecode, les prévisions de croissance du PIB seraient proches de 2% en 2010, traduisant plus un rebond d’activité après une chute exagérée qu’une véritable reprise.
Cependant, l’année 2010 se caractérise par beaucoup d’inquiétudes, d’expectative et un manque de visibilité. Les conditions d’une reprise durable ne sont pas encore réunies, tant pour l’investissement local que privé. Dans ces conditions, les Travaux Publics pourraient enregistrer une quasistabilisation de l’activité en volume (-0,5%). Le chiffre d’affaires devrait s’établir à plus de 38 milliards d’euros en 2010.
L’année 2010 sera pénalisée par le contrecoup du plan de relance, même si les effets se poursuivront une partie de l’année. Ce dernier a en effet avancé un certain nombre d’opérations qui se seraient probablement concrétisées en 2010.
Inversement, l’assouplissement du dispositif FCTVA et la reconduction attendue de la mesure permettra néanmoins d’éviter un contrecoup trop brutal. L’investissement local pourrait également être soutenu par l’enveloppe d’un milliard d’euros de prêts à taux bonifiés mobilisée fin novembre 2009 par les organisations professionnelles du secteur des Travaux Publics et la Banque Dexia 3.
Les inquiétudes sur la taxe professionnelle bloquent toutes initiatives des collectivités locales, notamment des Conseils généraux. Certains d’entre eux ont repoussé à fin mars 2010 le vote de leurs budgets primitifs considérant qu’ils manquent d’éléments pour l’établir, avec les incidences que cela peut avoir sur le lancement des projets.
La situation financière de certains départements s’est tendue ces dernières années, liée en partie à la baisse des recettes (droits de mutation) et à la progression des dépenses en particulier dans le domaine social. Dans ce contexte, la réforme de la taxe professionnelle et les projets de refonte territoriale s’avère peu propice pour créer un climat de confiance pour l’investissement.
source : communiqué de la FNTP du 17/12/2009

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